Mais officieusement, il était aussi question de calmer les esprits : Henri Proglio et Anne Lauvergeon se sont échangé quelques coups bas ces derniers jours. De source proche du dossier, François Fillon voulait siffler la fin de la récréation et leur rappeler "qu'ils doivent agir en partenaires et non pas en concurrents" et que "l'Etat est le garant du bon fonctionnement de la filière". Sur ce point, le message a peut-être été reçu, mais les tensions semble loin d'être apaisées. Anne Lauvergeon et Henri Proglio ont ainsi soigneusement évité de se serrer la main devant les photographes en sortant de Matignon....(Photo : visite du chantier du site de l'EPR de Flamanville le 26 novembre 2009).
Officiellement, le motif de cette entrevue était le blocage de la renégociation d'un contrat conclu entre le deux groupes sur le retraitement les déchets nucléaires et qui est arrivé à terme en décembre dernier. EDF a récemment accusé le groupe d'Anne Lauvergeon d'avoir interrompu les opérations d'approvisionnement en uranium de ses 58 centrales françaises. Une allégation démentie par Areva qui assure avoir seulement cessé le transport et le recyclage des combustibles. A l'issue de cet entretien, Anne Lauvergeon et Henri Proglio se sont engagés mercredi à trouver un accord dans les 15 jours qui viennent. Un accord qui sera "économiquement équilibré pour les deux groupes", assure Matignon. (Photo : stockage du combustible neuf dans la piscine de la centrale nucléaire de Saint-Alban (Isère)).
Les deux patrons ont été reçus mercredi pendant une demi-heure dans le bureau du Premier ministre, en présence des ministres de l'Ecologie Jean-Louis Borloo et de l'Economie Christine Lagarde.