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Bernard Ourghanlian : « Le "cloud computing" chamboule les business modèles des sociétés informatiques »

La rédaction - Good Morning Business - Stéphane Soumier - bfm, le 08/02/2010
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Le directeur technique et sécurité de Microsoft France évoque quelques-uns des thèmes au cœur des TechDays qui débutent ce lundi 8 février : le « cloud computing », l’interface homme/machine, la programmation à la portée de tous…
Bernard Ourghanlian, directeur technique et sécurité de Microsoft France, interviewé lundi 8 février 2010
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Stéphane Soumier : Microsoft organise les TechDays, des rendez-vous où l'on peut se poser des questions d'avenir... L'idée des TechDays, c'est de se dégager de l'immédiat pour essayer de réfléchir à l'avenir, de construire les clés de l'avenir ?

Bernard Ourghanlian : C'est tout à fait ça, c'est de placer d'une manière générale dans une dynamique un peu post-crise finalement, l'avenir de l'informatique, et tout ce que l'on va être capable de faire, sachant que c'est généralement pendant les phases de crise qu'il convient d'investir pour rebondir.


Ça veut dire qu'il faut avoir des convictions sérieuses, c'est en phase de crise que les convictions sont chamboulées. Je ne vais pas vous demander de commenter la démission du patron de SAP, Léo Apotheker, simplement le « cloud computing », « l'informatique dans les nuages », on en parle souvent sur BFM Radio, je crois que nos auditeurs savent ce que c'est. On n'avait peut-être pas pris la mesure, nous qui ne sommes pas dans votre secteur, de ce que c'était comme révolution en termes de business... Une révolution copernicienne ? Ça rebat les cartes totalement ?

Effectivement, on peut parler de révolution copernicienne, parce que ça chamboule les business modèles de l'ensemble des sociétés du secteur, mais aussi parce que, à travers la construction d'immenses datacenters dans les nuages, on a la possibilité de réduire les coûts dans des proportions considérables, entre exploiter un petit datacenters et un gros datacenter, on peut diviser les coûts à énergie/informatique, par un rapport 1 à 7, donc c'est énorme.


Ça divise vos revenus aussi ?

Non.


Est-ce que ce n'est pas la gratuité qui va s'imposer comme modèle derrière le « cloud computing » ?

Non, en fait il faut imaginer le « cloud computing » comme une sorte de continuum, avec effectivement des services offerts, de manière gratuite, financés grâce à la publicité. Mais aussi, et je pense que c'est probablement le modèle qui se répandra le plus, la possibilité finalement d'imaginer l'informatique un peu comme l'eau, le gaz ou l'électricité, c'est-à-dire que l'on consomme et on paie à la consommation.


Vous sortez Office 2010, dont une partie est gratuite aujourd'hui. Vous le faites un peu contraints et forcés... je crois que trois quarts des systèmes Office qui tournent aujourd'hui dans le monde sont piratés. Vous confirmez ce chiffre ?

Trois quarts, c'est peut-être beaucoup, mais c'est vrai qu'en France on considère que le taux de piratage est autour de 40%, ce qui est considérable.


Vous allez faire un pas vers la gratuité avec Office 2010 ?

En fait, on va avoir une version d'Office qui sera disponible en mode Web, qui pourra être utilisée effectivement de manière gratuite, financée encore une fois par la publicité, ou qui pourra être utilisée dans les entreprises, de la même façon que ce que l'on vient de dire, c'est-à-dire dans un mode de paiement à la demande.


Au cours de ces TechDays, vous allez plancher sur l'interface homme/machine, la navigation sur le Web et cette idée que tout le monde devienne programmateur. Vous mettez en circulation un petit jeu, à destination des enfants d'ailleurs, pour apprendre les rudiments de la programmation. Racontez-nous ?

Oui, c'est un petit robot, appelé Kodu, que l'on peut utiliser sur une Xbox ou sur un PC. En fait, l'idée de ce petit robot, c'est qu'il va être capable de construire un monde et, à l'intérieur de ce monde, on va être capable de programmer ce petit robot pour être capable de faire les missions, comme on fait actuellement dans un jeu vidéo. L'idée, c'est donc effectivement de mettre la programmation à la portée de tous, et en particulier des enfants.


Quel est l'objectif à terme?

C'est de faire en sorte que, potentiellement, tout le monde puisse devenir programmeur. En fait, la programmation, c'est ce qui exprime tout le génie de l'informatique, de temps en temps en France on parle de « pisser les codes », de manière assez vulgaire, en fait l'idée, c'est de changer un peu tout ça, de faire en sorte que n'importe qui, un banquier par exemple, sera capable de programmer lui-même.


Programmer ses comptes dans le rouge, c'est l'argument que vous vendez systématiquement, je le trouve terrible cet argument. C'est l'idée ?

Programmer les comptes dans le rouge non, mais essayer de trouver un moyen d'en sortir.


Une forme de riposte au gisement d'applications développées, par Apple par exemple ? Que chacun puisse devenir le propriétaire de sa propre application ? Pourquoi ne pas la faire justement, cet espèce de programme semble très simple, même si certains d'entre eux doivent être très compliqués, que l'on pourrait peut-être faire soi même ?

En fait la révolution dont il s'agit, c'est ce que l'on appelle la modélisation, c'est l'idée de dire qu'au lieu de programmer en utilisant un langage de programmation, qui a quelque chose de compliqué, on va modéliser ce que l'on cherche à faire, et ensuite ce modèle va à son tour générer sans qu'on le sache, du code, qui va être capable de s'exécuter sur la machine.
Quand on parlait de révolution tout à l'heure, avec le cloud computing, ça aussi c'est une révolution, parce que l'idée, c'est que l'on va dire que dans les cinq à dix ans à venir, tout le monde soit capable de programmer, qu'il soit professionnel ou non.


Où sont les profits pour Microsoft dans cette histoire ?

D'une manière générale, plus l'écosystème croît, plus les profits de Microsoft sont derrière.


Un dernier mot sur l'interface homme/machine : à l'occasion du Consumer Electronic Show, vous avez présenté, juste pour le jeu vidéo, cette idée que l'on n'a même plus besoin de la manette de la Wii pour jouer, nos simples déplacements devant l'écran vont suffire. Est-ce que c'est ça l'interface de l'avenir de l'interface homme/machine ?

Oui, c'est ce que l'on appelle la réalité augmentée. Ce que l'on a annoncé, c'est effectivement une nouvelle capacité d'interagir entre l'homme et sa console de jeu, ça arrivera d'ailleurs un peu plus tard sur les PC de la manière la plus banale. L'idée, c'est que l'on puisse, devant une caméra 3D, avoir la possibilité de bouger et de faire en sorte que l'ordinateur soit capable de comprendre nos mouvements. On va modéliser le corps humain, on va avoir à l'intérieur du corps humain 48 points de contrôle, qui vont être repérés par la caméra 3D et on va être capable d'interagir avec la machine sans aucun intermédiaire.


C'est pour quand dans les PC de salon à 500 euros ?

Dans pas longtemps.


Précisément ?

En ce qui concerne Natal, ça vient sur les consoles avant Noël, c'est vraiment dans très peu de temps. En ce qui concerne les PC, c'est quelque chose qui est relativement simple. Ce qu'il faut simplement, c'est concevoir les logiciels qui vont avec, et c'est ça qui prend plus de temps.


Plus de souris, plus rien... juste des gestes devant l'écran, et l'ordinateur fait ce qu'on lui demande...On est au bout de l'histoire

C'est ça l'informatique, c'est la magie.

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FORUM 1 avis
Bernard Ourghanlian : « Le "cloud computing" chamboule les business modèles des sociétés informatiques »
informatique dans les nuages...
posté le 09/02/2010 08:56:49 par ben voyons
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