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Jean-François Sammarcelli : « Ce qui a manqué aux PME en 2009, c'est le chiffre d'affaires plutôt que le crédit »

La rédaction - Good Morning Business - Stéphane Soumier - bfm, le 12/02/2010
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Alors que les banques viennent de s'engager à accorder pour 38 milliards d'euros de prêts d'investissement aux PME, le directeur de la banque de détail de la Société générale explique l'attitude des établissements bancaires face aux problèmes de trésorerie des entreprises françaises.
Jean-François Sammarcelli, interviewé le 12 février 2010 par Stéphane Soumier
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Stéphane Soumier : Nous recevons Jean-François Sammarcelli, directeur de la banque de détail de la Société générale en France. Hier, à Bercy, les banques se sont engagées à consacrer 38 milliards d'euros à des prêts d'investissement aux entreprises, c'est bien cela ?
Jean-François Sammarcelli :
Absolument, pour tous les crédits à moyen et à long terme en faveur des PME.

Mais on a cru comprendre qu'il allait y avoir une enveloppe de trésorerie derrière ?
Oui, on est en train de discuter de l'enveloppe de trésorerie, qui est un peu plus compliquée à mettre en place parce qu'on ne sait pas ce que cela veut dire, une enveloppe pour des crédits de trésorerie : est-ce que c'est le renouvellement des anciens crédits, des suppléments de ligne ? Il faut déterminer des modalités techniques, et nous y travaillons.

Les chefs d'entreprise qui nous écoutent disent que ces grands montants ne veulent rien dire pour eux. On a le sentiment qu'ils vous considèrent aujourd'hui comme un service public, qu'ils attendent de vous que vous changiez complètement la façon dont vous appréhendez le risque. C'est ce qu'ils disent et je me fais leur porte-parole.
Non, ce n'est pas ce qu'ils nous disent. On peut aussi écouter ce que disent les études et les sondages. La CGPME, qui ne porte pas les banques dans son cœur, a elle-même fait une étude, qu'elle a montrée à ses adhérents et à la presse en janvier dernier : 90 % des chefs d'entreprise interrogés sont satisfaits ou très satisfaits de leurs relations avec leur banquier. C'est un plébiscite.

J'ai l'impression que cette étude a échappé à Jean-François Roubaud...
Ça le gêne peut-être, mais elle existe. Elle corrobore exactement ce que nous voyons dans la vraie vie. Je passe ma vie sur le terrain, je vois des chefs d'entreprise. Evidemment, je ne vois peut-être pas ceux qui protestent le plus, mais je peux vous assurer que les banques françaises s'entendent bien avec leurs clients, et ce sondage le montre.
Cela ne veut pas dire que nous prêtons à tous les chefs d'entreprise, que nous acceptons toutes les demandes de crédit. Heureusement, d'ailleurs, parce que ce serait la recette pour un massacre futur. Donc il arrive qu’il y ait des difficultés, mais 90 % des chefs d'entreprise sont satisfaits.
Selon un autre sondage, 80 % des chefs d'entreprise ont obtenu le crédit qu'ils souhaitaient en France. La moyenne européenne est de 62 %. La France est le pays d'Europe où les entreprises obtiennent le plus facilement leur crédit. C'est la réalité de tous les jours.

Peut-il y avoir un effort particulier sur les trésoreries ? C'est vrai que c'est très difficile. On sait que les problèmes de trésorerie sont d'abord liés au crédit inter-entreprises, qu’à 80 ou 90 % il s’agit de problèmes entre clients et fournisseurs...
Juste deux chiffres, se faire une idée : il y a entre 350 et 400 milliards d’euros de crédit inter-entreprises et 170 milliards de crédit bancaire à court terme aux entreprises. On voit bien que les masses en jeu ne sont pas du tout les mêmes.

Est-ce que néanmoins, dans cette période dont on sent bien qu'elle va être beaucoup plus complexe que ce à quoi l'on pouvait s’attendre, vous pensez pouvoir modifier un peu votre façon d’agir pour les crédits de trésorerie ?
Je ne suis pas sûr qu'il faille la modifier. Je vous assure que nous faisons un travail de banquier d'entreprise. Je rappelle que la Société générale a été créée il y a 146 ans ; son nom développé, c'est : Société générale pour favoriser le développement du commerce et de l'industrie en France. Cela fait donc 146 ans que nous savons faire ce travail, et nous le faisons le mieux possible.

Il semble que depuis 146 ans la Société générale sache aussi parfaitement aller chercher des revenus sur les marchés internationaux avec des opérations de trading...
Oui, parce que pour rendre un service de qualité à des entreprises, même des petites, il faut avoir une composante de banque d'investissement, parce que les services bancaires dont ont besoin aujourd’hui les entreprises sont beaucoup plus compliqués qu'un simple crédit : il y a du conseil, des couvertures de taux, des couvertures de change, etc., et nous devons avoir une palette complète d'activités pour rendre vraiment service à nos clients.

Vous allez donc continuer à regarder la trésorerie des entreprises en 2010, comme vous l’avez regardée en 2008, en 2009 et comme vous la regardez depuis 146 ans ?
Oui, c'est un métier que nous savons faire, nos confrères le font aussi. Je pense que nous faisons notre métier très sérieusement. Tous les chiffres et toutes les comparaisons avec les autres pays d'Europe le prouvent.

Les bilans de 2009 sont dégradés...
Ils seront dégradés.

Si vous prêtez en 2010 en vous appuyant sur les bilans de 2009, cela aussi inquiète beaucoup de chefs d'entreprise...
Nous ne regardons pas simplement le passé, nous regardons aussi le futur. Ce qui nous intéresse dans une entreprise, c'est le business plan, ce sont les projets du patron, sa capacité à appréhender l'environnement dans lequel il est et à s’y développer. Un bilan, c'est une photo à un instant donné. Il y a des photos qui sont plus ou moins floues, plus ou moins ratées. Ce qui est important, c'est l'histoire de l'entreprise.

Vos équipes sur le terrain – y compris celles qui s’occupent des TPE, des PME, des entreprises qui sont en lien direct avec leur agence bancaire et qui n'ont pas forcément un spécialiste capable de lire leurs bilans – sont à même aujourd'hui d'apprécier non pas le passé immédiat mais le futur de l'entreprise qui leur demande une aide ?
C'est un travail compliqué, nous avons plusieurs centaines de personnes qui font ce métier, qui sont encadrées par des seniors qui connaissent très bien cette activité, qui la font quelquefois depuis dix ou vingt ans. Nous faisons notre métier comme nous le pouvons, et je crois que nous le faisons bien.

Si c'est aussi simple que cela...
...je ne dis pas que c'est simple, il y a des difficultés dans les entreprises.

D'accord, mais pourquoi est-ce que vous prenez à nouveau ces engagements, forcément un peu artificiels, que vous impose Bercy ?
Des engagements d'enveloppe ne sont pas des engagements artificiels. Une remarque : nous ne parlons plus des prêts immobiliers aux particuliers, des crédits à la consommation, parce que nous avons prouvé qu'il n'y a jamais eu de restriction de ces crédits.
Maintenant, on se concentre donc sur le sujet des TPE et des PME, seul sujet difficile, non pas parce que ces entreprises n'ont pas de crédit mais parce que, hélas, pour beaucoup d'entre elles, elles n'ont pas assez de chiffre d'affaires. Ce qui fait vivre une entreprise, c'est son business, son chiffre d'affaires ; le crédit vient après ou à côté, pour aider au développement. Ce qui a manqué en 2009, c'est le chiffre d'affaires.

C'est aussi la trésorerie : quand on est obligé de faire de tels sacrifices pour gagner du chiffre d'affaires, que les marges sont dégradées, il faut de la trésorerie pour continuer à avancer, on est d'accord ?
On est d'accord.

D'où cette question que je vous posais sur la trésorerie : vous allez regarder les choses ?
On va regarder et on saura oublier le bilan de 2009 s'il faut l'oublier, si on a confiance dans les perspectives pour 2010 et au-delà. 

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FORUM 2 avis
Jean-François Sammarcelli : « Ce qui a manqué aux PME en 2009, c'est le chiffre d'affaires plutôt que le crédit »
merci les acheteurs crétins ! ;((
posté le 12/02/2010 19:30:17 par ben voyons
Sondage et mensonge.
posté le 19/03/2010 08:04:14 par supermanu
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