Hedwige Chevrillon : Gérard Rameix, vous êtes le médiateur du crédit. Si l’on en croit le sondage BFM-La Tribune, les PME sont les oubliées de la reprise. Vous êtes justement chargé de négocier avec les banques les encours, les lignes de trésorerie et de crédit parfois difficiles à obtenir pour les PME. Vous avez publié vos chiffres il y a quelques jours, vous avez le sentiment qu’effectivement les PME sont oubliées ?
Gérard Rameix : Je ne dirais pas cela. Il y a deux mondes différents. Quand je discute avec elles sur le terrain, les PME se plaignent avant tout d’un manque de visibilité sur leur chiffre d’affaires. C’est le principal handicap. C’est vrai que, par rapport aux grands groupes qui ont une activité internationale, on est dans deux mondes complètement différents. Dire qu’elles sont les oubliées de la reprise, je ne sais pas, en tout cas la reprise pour elles tarde à se dessiner, c’est clair.
D’où cette reprise un peu molle : cela se voit en termes d’investissements, ils sont très peu à dire qu’ils vont investir, justement parce qu’il y a ce manque de visibilité. Vous avez traité 21 382 entreprises dans le cadre de la médiation du crédit. Cela dit, on observe quand même une petite hausse, au mois de janvier, du nombre de dossiers qui vous sont soumis, que vous traitez et qui aboutissent. Comment expliquez-vous cela ?
Pour janvier c’est un petit rebond. La vérité, c’est que quand j’ai succédé à René Ricol, au mois de septembre, j’ai fait une moyenne sur plusieurs mois, on était à peu près à 350 dossiers par semaine. Ensuite, en fin d’année, on est tombés à un peu moins de 250, et on a eu une légère augmentation en janvier. Globalement, par rapport à la rentrée, on est plutôt sur une stabilisation et sur une légère baisse du nombre de dossiers qui nous parviennent.
Les impressions qui remontent jusqu’à vous, c’est quand même la frilosité des banquiers par rapport aux crédits des entreprises, surtout pour les petites, les TPE ?
En fait, ce que les banques cherchent, c’est à prêter avec une certaine visibilité, donc quand une PME offre des cash flows assez sûrs, une activité prévisible, elle n’a pas de problème pour se financer. En revanche, quand il y a une grande incertitude...
...quand tout va bien, c’est sûr que c’est simple...
C’est mieux, c’est quand même important économiquement, cela permet de financer les projets, etc. Plus on est petit, moins on a de visibilité, plus c’est difficile et plus le débat sur les garanties traîne un peu...

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