Jean-François Dehecq : L'objectif des états généraux n'était pas simplement que l'Etat devienne ou ne devienne pas... mais de faire en sorte que les gens qui ont à parler disent les choses, et pas simplement des petits clubs au niveau des élites parisiennes ou provinciales, mais véritablement demander à ce que les gens disent ce qu'ils ont à dire. Ils l'ont fait, ils se sont quasiment autosaisis de la parole, puisqu'on vu fleurir près de 200 ateliers régionaux et nationaux, je trouve ça absolument extraordinaire, dans un contexte qui est lui aussi tout à fait exceptionnel.
Pour la première fois, on fait des tours de table, avec les partenaires sociaux, tous les syndicats qui ont contribué et qui étaient là, les fédérations industrielles, les patrons, les grands patrons, les économistes, etc. C'est quelque chose d'assez extraordinaire. Le consensus s'est fait sur quoi, on n'a pas cherché un consensus mou. Faire un consensus, c'est toujours possible, mais ça n'avait aucun intérêt. Il fallait que tout le monde s'exprime, on s'est battu pour que tout le monde s'exprime comme il faut, et le fait qu'il faut que la France ait une ambition industrielle partagée paraît une évidence. Ce pays doit être un pays industriel, dans un certain nombre de secteurs, sur quelques marchés porteurs d'avenir identifiés.
Simplement, parce que l'industrie, c'est l'emploi. Je ne vois pas très bien comment parler de l'emploi sans parler d'industrie. Parler de l'industrie, c'est aussi très structurant, à tous les plans, scientifique, économique, technologique, de l'information, de l'aménagement du territoire... Il y a au moins là-dessus une très grande convergence entre tous : ce pays doit être un pays industriel.
Est-ce qu'il y a eu une convergence sur le fait que l'Etat doit accroître son rôle ? Parce que c'est finalement ce que l'on retient du discours du président de la République ce matin...
C'est ce que l'on a voulu retenir, mais il a dit tellement d'autres choses. Le problème, c'est qu'on constate qu'en période de crise tout le monde demande à l'Etat de faire des choses. Le laisser-faire n'a pas été brillantissime au cours des deux dernières années, cela a conduit jusqu'au chômage, que l'on évoquait tout à l'heure. Je pense que oui, bien sûr il faut repenser l'économie, il faut repenser le rôle de l'industrie et il faut repenser le rôle de l'Etat, mais pas en tant qu'Etat, en tant que représentant des citoyens, qui se sont effectivement exprimés à travers la France.
(…)
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