Alain Olive : Oui, si on considère les conditions du marché actuel, le problème de la fermeture se pose effectivement... Mais à comparer l'année 2009 et l'année 2010, paradoxalement, je crois que 2009 a été une année finalement plus tranquille en termes de relations sociales que ne le sera 2010. Je vous dis ça parce que les salariés ont le sentiment que malgré la crise tout repart comme avant, que malgré la crise les spéculateurs s'en mettent plein les poches, que ce sont les salariés qui vont payer.
Il y a un discrédit moral que vous ne pouvez pas imaginer aujourd'hui qui pèse sur le monde de la finance, il y a des réactions qui ne sont peut-être pas des réactions raisonnées, mais qui font un climat social détestable. Il faut l'entendre.
Autant 2009 a été une année que je qualifie comme une année où un pacte social implicite a été passé. Un pacte social implicite à la française, sachant ce que nous sommes, a été passé entre les organisations syndicales, les pouvoirs publics et le patronat. Ce pacte social implicite n'a plus lieu en 2010, il faut donc s'attendre à un climat social qui va se dégrader fortement.
Ce discrédit sur la finance, la haute finance et les patrons est mondial, il n'y a qu'en France que l'on est assiste à une crispation...
Je ne le crois pas, je suis désolé...
Mais regardez ce qui s'est passé en Allemagne...
Oui, mais regardez ce qui se passe en Grèce, bien sûr dans une situation particulière, mais qui nous dit que la Grèce ne sera pas demain le laboratoire, ou n'est pas aujourd'hui le laboratoire de certains autres pays. Attention, y compris d'ailleurs en Allemagne, parce que nous avons des contacts avec le DGB par exemple. Ne croyons pas que la situation allemande soit aussi rose que cela, il y a des tensions très fortes en Allemagne...
(...)
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