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[Le Grand Journal]

Alfredo Valadao : « Les hommes d’affaires latino-américains ont réussi à tirer parti de la croissance des quinze dernières années »

La rédaction - Le Grand Journal - Fabrice Lundy - bfm, le 12/03/2010
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Le président de la chaire Mercosur à l’Institut d’études politiques de Paris revient sur la place occupée par les Latino-Américains dans le classement des plus grosses fortunes par le magazine Forbes.
Alfredo Valadao répond aux questions de Fabrice Lundy dans Le Grand Journal du 11 mars.
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Fabrice Lundy : C’est Forbes qui le disait ce matin, en révélant le classement des plus grandes fortunes dans le monde, l’économie mondiale se remet, les marchés financiers sont de retour, particulièrement les marchés émergents. Justement, que voit-on dans le palmarès 2010 : le mexicain Carlos Slim, qui est devenu l’homme le plus riche du monde, battant Bill Gates. C’est vrai qu’il y a de plus en plus de Chinois, de plus en plus de Russes, mais il faudra compter aussi avec le continent américain, et quand je dis ça, je parle de l’Amérique centrale et de l’Amérique du Sud. Parlez-nous de Carlos Slim ? Il a soixante-dix ans. Forbes estime sa fortune à plus de 53 milliards de dollars
Alfredo Valadao : Oui, c’est le grand homme d’affaires mexicain typique. C’est intéressant que ça se soit fait au Mexique. C’est un self-made man, qui a fait surtout sa fortune dans les télécommunications. C’est le plus gros opérateur de téléphones mobiles d’Amérique latine actuellement, et il semble même qu’il ait pris une part importante dans le New York Times. Donc c’est quelqu’un qui a construit presque toute sa fortune sur les télécommunications, et je trouve qu’il est très emblématique des autres hommes d’affaires latino-américains qui sont classés dans Forbes, parce que ce sont tous des gens qui ont réussi à tirer parti de cette croissance latino-américaine des quinze dernières années, grâce à la globalisation.
On a eu une vraie croissance économique, qui a été un peu mieux distribuée, qui a créé un marché intérieur un peu meilleur pour les grands pays comme le Mexique ou le Brésil, par exemple, mais surtout qui a permis d’augmenter tous les services à la production industrielle. Donc les télécommunications d’un côté, mais de l’autre côté les produits miniers, l’énergie, l’information et les services financiers, bien entendu. Tous les milliardaires que l’on voit dans le classement de Forbes ont pratiquement le même profil : d’un côté les services, de l’autre côté les matières premières indispensables à ce boom industriel.

Des hommes qui se sont montrés très audacieux, très agressifs, notamment pendant les périodes de récession et on sait que l’Amérique du Sud et l’Amérique centrale en ont connu ?
Absolument. Si vous regardez bien dans le classement, vous verrez que presque la totalité de ces milliardaires sont soit mexicains, soit brésiliens, avec quelques-uns qui sont colombiens. Il y a deux Colombiens dans cette affaire, mais ça n’est pas par hasard. Ce sont les trois plus grands pays en termes de population et de marché intérieur, et en même temps les pays qui ont reçu le plus d’investissements étrangers grâce à la mondialisation. Il ne faut pas oublier que le Brésil, par exemple, est le pays qui a reçu le plus d’investissements étrangers des pays émergents, après la Chine. Le Mexique également.
Donc c’est l’idée que tous ces pays ont réussi leur croissance, car ils ont réussi à faire en sorte que leurs industries et leurs processus productifs s’inscrivent dans cette internationalisation des grandes chaînes productives dans le monde. C’est ce qui a permis une croissance très forte ainsi que la croissance du marché intérieur. Donc des jeunes hommes, ou même d’âge mûr, mais qui étaient plutôt aventureux, ont pu saisir l’occasion de devenir très riches en apportant les inputs et les services nécessaires à cette croissance.

Vous pouvez retrouver ci-dessus l'intégralité de l'interview d'Alfredo Valadao en podcast.

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